En 1936, notre grand-père Pierre JUBIEN s'achète la caméra Kodak 8mm qui lui servira, au début du moins, à filmer la communion de son fils Jean.
Quelques semaines plus tard, le 4 juin, Léon Blum accède à la présidence du Conseil et forme le premier gouvernement rassemblant une coalition de gauche désignée sous le nom de Front Populaire. Au même moment, la France connaît une vague de grèves et d'occupation d'usines.
L'usine Chausson à Asnières n'échappe pas à la règle et notre grand-père utilise sa caméra pour tourner plusieurs films qui retracent bien l'ambiance de l'époque. Ces films peuvent être consultés dans leur intégralité via à la visionneuse accessible depuis la page "Les Films du Grenier". Je les ai utilisés une première fois lorsque j'étais en terminale au lycée Jean Dautet (classe du professeur d'histoire André ROCHEAU) pour un exposé sur le Front Populaire. Si mes souvenirs sont bons, nous étions trois à faire cet exposé, Vincent LARMÉ, qui disposait également de films de l'époque, et Benoît LANDAIS.
Sur la visionneuse, filtrez les séquences avec le mot clé "Front populaire" pour obtenir les 35 petits films couvrant les évènements de l'époque. Voici en résumé ce que vous pourrez y trouver (les annotations entre parenthèses "Bxx-Syy" renvoient au numéro de la bobine et à celui de la séquence) :
La "Grande sortie champêtre à Ermenonville avec cueillette du muguet" (B26-S01) organisée par la Fédération CGT des métallos le 3 mai 1937. On y voit notamment nos grands-parents et leur fils Jean JUBIEN alors âgé de 12 ans à la mer de sable.
La une du journal l'Humanité du 16 octobre 1937 qui appelle le peuple de Paris à se rendre en masse aux obsèques de Paul VAILLANT-COUTURIER (B06-S05).
Vous trouverez d'autres vidéos de ces obsèques en cliquant ici.Deux séquences couvrent la fête de la section CGT des travailleurs de la métallurgie au parc des loisirs et de culture Henri-Gautier à Baillet-en-France (B18-S02 et B30-S01).
Vous pouvez obtenir des informations complémentaires sur ces évènements en cliquant ici.
Dans la seconde séquence (B30-S01), en dehors des images sur la fête elle-même et les meetings, si vous vous positionnez à la minute 06:40 du film, vous constaterez que notre grand-père a pris le soin de mettre des titres à l'apparition de trois figures du syndicalisme de l'époque :Jean-Pierre TIMBAUD
A cette époque, Jean-Pierre TIMBAUD est membre de la commission exécutive fédérale de la Fédération réunifiée des Métaux. Il est responsable intersyndical de la zone comprenant Asnières, Gennevilliers, Levallois-Perret, Clichy et Colombes.
En octobre 1940 il est arrêté lors d'une opération organisée par la police de Pétain et sera fusillé un an plus tard, le 22 octobre 1941.
Découvrez plus d'informations sur la vie et l'action de Jean-Pierre TIMBAUD en cliquant ici.Henri GAUTIER
Sa présence à Baillet est d'autant plus marquante que c'est lui qui, en qualité de trésorier de la Fédération des Métaux et secrétaire-trésorier des syndicats des métaux de la région parisienne, fit l'acquisition du château de Baillet qui porte son nom aujourd'hui.
Il fut également arrêté en octobre 1940, s'évada en 1941, fut repris en 1942, torturé puis déporté à Mauthausen, Auschwitz puis Monowitz. Il est mort en déportation en 1945.
Découvrez plus d'informations sur la vie et l'action de Henri GAUTIER en cliquant ici.Alfred COSTES
De 1930 à 1936, Alfred COSTES fut secrétaire général de la Fédération des Métaux puis président en 1936 et membre du secrétariat en 1939.
Après la guerre, il deviendra secrétaire de la Fédération CGT des Métaux et le restera jusqu’en 1954. Il deviendra alors président et le demeurera jusqu’à sa mort en septembre 1959.
Un lycée de Bobigny porte son nom.
Découvrez plus d'informations sur la vie et l'action d'Alfred COSTES en cliquant ici.