Jean et Marie Prudence LANSADE
Jean et Marie Prudence LANSADE
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La famille LANSADE, c'est celle de notre grand-mère paternelle, Jeanne.
Les premières traces identifiées datent du 18ème siècle. C'est une lignée d'agriculteurs installée dans le nord de la Corrèze. Notre arrière grand-père, Jean, rompt avec la tradition. Orphelin très jeune, il s'installe à Niort en 1890. Il y rencontre Marie Prudence VIVIER originaire de Saint-Laurs, un village des Deux-Sèvres. Il ont deux enfants puis partent s'installer à La Pallice où naîtront les neuf autres.
C'est une famille simple et pauvre attachée à la tradition catholique de l'époque et qui vit dans une petite maison faite de bois et de tôles dans la quartier des Sablons. Jean exerce le métier de docker en tant que journalier.
Les six enfants qui vivront assez longtemps reçoivent une éducation sommaire comme c'est souvent le cas dans ce milieu à l'époque. Ils vont travailler très tôt dans un environnement portuaire et d'industrie chimique dur et connaitront des destins divers, parfois tragiques.
C'est la branche de nos aïeux qui ne trouve pas ses origines dans le Poitou. Le berceau de la famille LANSADE se situe à la limite nord de la Corrèze et sud de la Haute-Vienne. Ils ont vécu dans les villages de La Porcherie, Saint-Germain-les-Belles et, principalement depuis 1796, dans celui de Masseret, canton d'Uzerche.
Aux 18ème et 19ème siècles les LANSADE sont des agriculteurs jusqu'à notre arrière grand-père, Jean, qui est d'abord forgeron à Masseret puis brossier à Niort et enfin docker au port de La Pallice.
La raison pour laquelle Jean a quitté sa Corrèze natale pour s'installer à Niort vers 1890 m'est encore inconnue.
Les archives départementales de la Corrèze et de la Haute-Vienne ne m'ont pas encore permis de remonter dans le passé au delà de la première moitié du 18ème siècle.
De plus, les homonymies sont fréquentes dans la région à cette période ce qui complexifie les recherches. Le prénom à la mode de l'époque semble être Léonard pour les garçons et Léonarde pour les filles. Leur nombre est impressionnant et il est souvent difficile des faire la distinction dans les actes entre père, fils, neveux ou cousins.
Il me reste encore pas mal de "trous" à combler pour parvenir à une arbre généalogique complet.
Même en ce qui concerne la fratrie, je n'ai pu identifier que deux sœurs de Jean, Léonarde (encore une) née en 1860 et Jeannette née en 1862.
Toutefois je ne désespère pas pouvoir approfondir cette partie de l'histoire familiale quand j'en aurai l'occasion. Nous allons donc aborder plutôt l'histoire récente des LANSADE.
Jean, notre arrière grand-père, est né le jeudi 26 novembre 1868 dans le hameau des Rouvereaux situé sur la commune de Masseret, à la toute limite entre la Corrèze et la Haute-Vienne, à mi-chemin entre le bourg de Masseret et celui de La Porcherie.
C'est le fils d'un couple d'agriculteurs de la commune, Antoine, âgé de 36 ans à sa naissance, et Jeanne (ou Anne selon les actes) Debernard qui en a 35. Antoine est originaire de Chevaille, un autre hameau plus à l'ouest sur la commune de Masseret. Jeanne, est née au Chatain de Pouly, encore un autre hameau de la commune de Masseret, situé un peu au nord-ouest de Chevaille. Le couple a déjà au moins deux filles, Léonarde et Jeannette, que j'ai pu identifier et sans doute plus si l'on se réfère à la taille des familles de l'époque.
En dehors de son acte de naissance, les premières traces que l'on trouve de lui nous sont fournies par l'armée et sa fiche matricule de 1888 que vous pouvez consulter ici. Jean a donc 20 ans, il mesure 1 mètre 51 et a les yeux bleus. Il est orphelin. Son père est décédé quatorze ans plus tôt, le 29 septembre 1874, à l’âge de 41ans (Jean en avait 6), et sa mère le 29 mars 1878 à l'âge de 43ans (Jean en avait 9). Les grand-parents étant également décédés, on peut imaginer que ses sœurs et lui n'ont pas du avoir une enfance facile.
Il fait son service militaire entre novembre 1890 et septembre 1892, affecté à la 22ème section des Commis et Ouvriers de l'Administration d'un régiment basé à Limoges et à Tulles.
En octobre 1892, il déclare à l'administration militaire résider 9 rue du Mûrier à Niort.
Le samedi 28 octobre 1893, il a 25 ans quand il épouse Marie VIVIER à Niort. Il réside alors 23 rue de l'Huilerie. D'après le recensement de 1891, c'est l'adresse d'une auberge tenue par René ALLAIN et son épouse. A cette époque, il exerce la profession de brossier (fabrication de brosses).
Marie, elle, n'a que 19 ans. Elle travaille comme domestique au 20 rue Rabelais, également à Niort. Elle est originaire du village de Saint-Laurs situé à une trentaine de kilomètres au nord, non loin de la limite entre les Deux-Sèvres et la Vendée. Son père est décédé et c'est sa mère, Prudence PORTE ☸, qui l'accompagne à la cérémonie et consent au mariage. Vous trouverez plus de détails sur elles quand la page sur la famille VIVIER sera disponible.
Du couple, seule Marie signe l'acte de mariage. Les deux témoins de Jean le signent également. Ce sont deux bourreliers travaillant à Niort et amis de Jean. Du côté de Marie, les témoins sont son frère Casimir et son beau-frère Alphonse AMBROIS qui a également signé.
En 1894, Marie et Jean ont emménagé au 18 de la rue Treillot à Niort. C'est ici que nait leur premier fils, Roger, le 9 août, tout juste 9 mois après le mariage.
Le 2 février 1897, la famille réside 92 rue de Strasbourg à Niort quand nait la première fille, Jeanne. Celle-ci ne vivra que deux jours. Elle décède le 4.
Ils sont de retour rue Treillot mais au numéro 6 à la naissance du second fils, Marcel le 11 juillet 1898. Marcel ne vivra que deux mois. Il meurt le 1er octobre.
En juillet 1899, Jean déclare à l'Administration Militaire qu'il réside chez François, quartier de la Guiette à La Rochelle.
Le 17 septembre nait Jeanne Suzanne, notre grand-mère. C'est Victoria NAULIN, la sage femme, qui s'occupe de déclarer la naissance qui a eu lieu à l'hôpital de La Rochelle, rue Tiers.
En 1901, c'est Yvonne qui vient au monde, le 30 novembre exactement. Cette fois, Marie a accouché à leur domicile situé à La Pallice. Deux personnes accompagnent Jean pour la déclaration de naissance. Le premier c'est Yves BANÉAT, un journalier demeurant à La Pallice (comme Jean) âgé de 27 ans. Le second s'appelle François LÉPINE, maçon de 27 ans résidant à Laleu.
Suzanne, la future madame GUBLER, nait 4 ans plus tard également au domicile familial de La Pallice. Jean est accompagné d'Alexandre BELLION et de Paul THÉRAUD pour aller faire l'enregistrement à la mairie. Jean déclare alors ne pas savoir signer alors qu'il l'avait fait précédemment même si l'écriture était hésitante.
Le 30 décembre 1906, ils ont un fils, Armand, qui vivra à peine deux mois. Il meurt le 26 février 1907.
Albert, "le petit Bébert si mignon" comme l'écrira son frère Roger à la fin des lettres dont nous allons parler plus loin, nait le 14 novembre 1909 dans la maison de La Pallice.
En septembre 1912, Marie met au monde des jumeaux, Lucien et Maurice. Maurice survivra moins d'un mois et la vie de Lucien s'arrêtera peu après, en avril 1913. Nous savions que la famille résidait à La Pallice, mais l'acte de décès de Maurice précise le lieu exact : lieu-dit "Les Sablons".
Enfin, en septembre 1916, nait Laure, la dernière des enfants Lansade.
Des onze enfants, nous avons vu que cinq sont décédés peu après leur naissance. Sur les six autres, seuls trois mourront de leur "belle mort", Jeanne, notre grand-mère, Yvonne et Albert. La vie des trois autres sera abrégée soit du fait de la guerre de 14 (Roger), d'un accident (Suzanne) ou de la maladie (Laure).
C'est donc vers 1900 que la famille s'installe au lieu-dit « Les Sablons » entre La Pallice et Laleu. Aujourd'hui le lieu-dit n'existe plus mais il subsiste un chemin des Sablons. Si on se réfère à ce chemin, on peut localiser la maison des LANSADE quelque part dans le rond rouge ci-contre.
Je n'ai pas retrouvé d'image de la maison dans les archives si ce n'est celle reprise ci-dessous et extraite de l'album photo de notre père. On y voit notre grand-père, Pierre JUBIEN, trinquant avec son beau-père, Jean LANSADE, sous les yeux de sa belle-sœur Laure. La scène se situe au tout début des années 30 dans le jardin de la maison.
Si l'on en croit la description faite par Jean GUBLER, qui emploie le mot de « bidonville », ou celles retrouvées dans les actes notariés, l'endroit devait ressembler à ce que nous avons connu plus tard comme la Ville-en-bois du côté des Minimes avant qu'elle ne soit entièrement reconstruite.
Nous avons à notre disposition deux actes notariés qui décrivent la maison telle qu'elle a pu être entre 1920 et 1950 :
Le premier date de mars 1920 quand Jean et Marie achètent la parcelle de terrain sur laquelle la maison a été construite au couple MAROT.
Le second a été établi en janvier 1951 quand notre grand-mère, Jeanne rachète la maison six mois avant le décès de son père.
La maison est faite de bois et de tôle. C'est un rez-de-chaussée composé de 3 pièces et d'une cuisine. On peut deviner le jardin sur la photo ci-contre. Il n'y a ni eau, ni gaz, ni électricité. Les LANSADE partagent un puits avec la famille ZINI, leurs voisins.
Les recensements de 1911 et 1921 confirment que sept membres de la famille logent en même temps sous ce toit. En 1926, ils sont toujours sept car les LANSADE hébergent leur petit-fils de 2 ans, le petit Jean JUBIEN, ainsi qu'un pensionnaire, Jean CHACHKOFF, réfugié russe qui épousera plus tard Yvonne.
Il est difficile de se faire une idée de la vie aux Sablons à l'époque. En tout cas, le fils ainé, Roger, semble en avoir gardé un bon souvenir. De ses lettres écrites en 1914 et 1915, ressort une nostalgie certaine de sa vie en famille. Du fond de sa tranchée il pense à son « lit bien chaud » ainsi qu'au « poulet aux marrons » cuisiné par Marie. A chaque fin de lettre il a une pensée pour ses anciens voisins.
De 1943 à 1945, Jean et Marie se sont installés temporairement dans une maison qu'ils louaient chemin de Jaud dans la commune de Mosnac-sur-Seugne en Charente-Maritime. C'est en tout cas ce qu'indiquent des quittances d'assurance de la Mutuelle d'Indre-et-Loire et le règlement d'une allocation vieillesse (voir les listes annexes de documents).
Dans une séquence des films 8mm de Papi, on voit Jean, Marie et leur fille Jeanne devant cette maison. La séquence a du être tournée vers 1945 ou peu après.
Vous pouvez visualiser un extrait de cette séquence en survolant l'image ci-contre. La séquence complète est disponible dans la visionneuse (bobine 33 - séquence 01).
La maison semble être toujours là. Vous pouvez comparer l'image en fin de cette vidéo avec la prise de vue Google Maps : 📷.
Les parents LANSADE avaient sans doute fui les bombardements qui ravageaient les alentours de la base sous-marine de La Pallice à l'époque. Cette hypothèse semble être confirmée par le dossier d'indemnisation par l'État que vous trouverez dans la liste ci-après.
Si l'on se réfère à la fiche de Jean dans le registre des matricules, il semble que notre arrière-grand-père ait eu maille à partir avec la justice. Il a été "condamné le 12 mars 1908 par le Tribunal Commercial de La Rochelle à six jours d'emprisonnement pour «Vol» avec sursis". En fait, la chronique judiciaire du journal "Le Courrier de La Rochelle" édition du 15 mars 1908 ( 📁) nous apprend qu'il a été condamné pour vol de charbon.
Sinon, en dehors des actes notariés concernant la maison des Sablons, notre grand-mère avait conservé des documents liés aux accidents du travail de son père et aux démêlés avec ses employeurs.
Le 31 mai 1922, il est victime d'un accident alors qu'il travaille pour "madame veuve DELPECH", entrepreneur en déchargement, au transfert de wagons de cendres issues de la combustion de produits chimiques à bord du GALICIA. Une benne lui écrase le pieds gauche.
L'affaire se termine au tribunal. L'assureur de la veuve DELPECH, la Préservatrice, conteste le niveau d'indemnisation à verser à Jean suite à son incapacité à travailler.
Le compte-rendu d'enquête du 28 octobre et le procès verbal de conciliation du 13 décembre 1922 ( 📁) sont riches en informations sur le travail de Jean, son salaire, les circonstances de l'accident et les conditions de travail de l'époque.
Le 14 août 1925, Jean est victime d'un second accident du travail. Celui-ci se produit dans les locaux l'usine de produits chimiques de la société l'Alsacienne à Vaugouin - La Pallice. Dans le rapport d'enquête ( 📁) sur le conflit qui oppose Jean à l'Alsacienne, l'accident est décrit par un certain Félix DUDOGNON, maçon, présent sur les lieux au moment où Jean fait une chute. Ce témoignage est confirmé par un certain PAPINEAU. Le docteur MARONNEAUD établit le niveau d'invalidité de Jean.
Une conciliation entre Jean et la société l'Alsacienne est signée en avril 1926. Le montant de la rente d'indemnité et les modalités de règlement y sont fixés.
Entre 1923 et 1947, le couple entame plusieurs démarches pour toucher une pension en tant qu'ascendants de Roger, mort pour la France, et au titre d'invalidité ou de maladies. Les courriers ont été conservés et sont disponibles ici📁. La lettre reprise en fin de ce document et dont le destinataire n'est pas identifié fait un constat amer, peut-être noirci à dessein par Marie, de l'état de santé du couple en 1947.
Cliquez sur la flèche ci-contre pour afficher le contenu de cette lettre du 10 juin 1947
« La Rochelle I0 Juin I947.
Cher Monsieur,
Je vous ai déjà écrit ces jours derniers au sujet de mon mari. J'ai reçu votre réponse ce matin. Je vous remercie de m'avoir écrit aussi vite. Je pense ne pas vous avoir donné suffisamment de détails au sujet de la maladie de mon mari.
Il a attrapé des gaz lorsqu'il travaillait dans une usine où l'on fabriquait du camphre. Cela le fatigue beaucoup , surtout la nuit. Cela le tient éveillé toute la nuit, il ne peut pas dormir. Ce qui est ennuyeux c'est la toux que ces gaz lui provoquent, cela le suffoque. Il a des douleurs un peu partout., quand il tousse.
Je voudrais vous dire aussi que ma santé personnelle me tracasse . Je souffre des reins, et beaucoup du ventre.
Dans le sein gauche je ressens des coups par moment. Je ne suis pas bien, tout cela me fatigue. Je dois vous dire que j'ai mal au foie depuis quelques temps et aussi le cœur malade.
J'espère que vous voudrez bien vous occuper de nous et en vous remerciant, je vous envoie mes salutations. »
D'autres documents relatifs aux éléments de vie de Jean et de Marie pourront peut-être vous intéresser. Cliquez sur la flèche pour en afficher la liste.
Contrat d'assurance incendie de 1921 pour la maison des Sablons : 📁
Certificat de travail et de salaire de Jean pour des travaux de chargement de bateaux de la Pacific Steam Company en 1922 : 📁
C'est sur des cargos de la même Pacific Steam que son fils Roger avait embarqué en 1913 et en 1914 en qualité de garçon d'hôtel.
Courrier de la compagnie d'assurances "La Préservatrice" du 20 septembre 1924 : 📁
Le règlement des quittances entre 1922 et 1937 : 📁
Contrat d'assurance de la Mutuelle d'Indre-et-Loire de 1938 à 1951 : 📁
Courrier des Assurances Sociales reçu en décembre 1945 avec l'adresse des Sablons remplacée par "Chez le Jaud par Mosnac-sur-Seudre" : 📁
Dossier d'indemnisation suite aux dégâts causés sur la maison des Sablons par un bombardement d’artillerie en 1943 : 📁
Courrier de 1948 annonçant le versement d'une allocation vieillesse à Marie VIVIER : 📁
Dossier de 1950 avec tampons de 1951 lié au versement d'une allocation vieillesse à Jean LANSADE : 📁
Vous pouvez visualiser des extraits de films sur lesquels Jean et Marie apparaissent grâce à la visionneuse 🎥. Sélectionnez leur noms pour filtrer les huit séquences concernées. Il apparaissent tels qu'ils étaient entre 1936 et 1940 à l'époque de la communion de leurs deux petits-fils, Jean JUBIEN à Asnières et Roby GUBLER à La Rochelle. Une séquence de cette époque montre Marie à L'Houmeau avec sa fille Suzanne et la famille GUBLER. Enfin, vous verrez Jean LANSADE dans les dernières années de sa vie avec son petit fils Jean JUBIEN descendant à pieds la rue Jourdan.
Si vous allez sur la page de la médiathèque / l'album de Jean, vous les verrez en 1946-47 lors des fiançailles puis du mariage de Jean et Maggy 🎥et en 1949 au moment de la naissance de leur arrière-petite-fille Catherine 🎥. Les images sont moins nettes car les bobines originales ont été perdues et il ne nous reste que la copie sur cassette VHS, mais certains passages avec Jean et Marie sont en couleur.
Roger ~ 09 août 1894 - 30 avril 1915
Roger, l'aîné a connu un destin tragique comme beaucoup de Français nés à la même époque puisqu'il a été tué en 1915 sur le front belge alors qu'il n'avait que 20 ans. C'était pourtant un jeune homme plein d'espoirs qui avait décidé de ne pas suivre les traces de son père et avait abandonné le métier de docker pour s'embarquer à bord de cargos d'une compagnie maritime anglaise et découvrir le monde.
Il a laissé un souvenir très émouvant dans la mémoire de notre grand-mère qui a conservé la plupart des lettres que son frère postait depuis ses escales en Amérique du Sud ou, plus tard, depuis les tranchées. La richesse de ces documents justifie amplement que nous lui consacrions une page entière sur ce site.
Jeanne ~ 17 septembre 1899 - 4 juillet 1986
Jeanne, c'est notre grand-mère. Son prénom de baptême est Jeanne Suzanne. Un chapitre dédié reprendra le déroulement de sa vie.
Yvonne ~ 30 novembre 1901 - 13 décembre 1985
Si je ne me trompe pas, étrangement aucun de nous cinq n'a rencontré Yvonne. Je ne sais pas pourquoi, personne n'en parlait à la maison. Ce n'est qu'au moment de la visite de son fils adoptif Jean chez notre grand-mère en 1975 que j'ai pris conscience de l'existence de cette grand-tante qui habitait à Charleroi en Belgique. Vous obtiendrez un peu plus d'informations sur Yvonne en allant sur la page "Les Cousins / Les Cousins Chachkoff" de ce site.
D'autres photographies sont disponibles dans l'album photo de notre père (page "La Médiathèque / L'album de Jean").
Suzanne ~ 10 mai 1905 - 20 juillet 1948
Suzanne est décédée à l'age de 43 ans apparemment des suites d'une maladie provoquée par des blessures dont elle aurait été victime lors de l'explosion d'un bateau dans le port de Brest. Notre grand-mère entretenait des relations étroites avec sa sœur. Sur les films de Papi, on voit souvent les couples Gubler et Jubien ensemble en vacances. Notre père en parle avec une certaine tendresse dans les commentaires de films qu'il a recopiés sur une cassette VHS. Il avait d'ailleurs gardé de bonnes relations avec les enfants de Suzanne, ses cousins Nicole et Roby même s'il avait coupé les ponts avec ce dernier quand nous étions enfants.
Les films de Papi montrent que nos grands-parents ont continué à voir régulièrement Nicole et son père après le décès de Suzanne.
Vous pouvez aller sur la page "Les Cousins / Les Cousins Gubler" pour continuer à découvrir les informations recueillies à ce jour sur Suzanne.
Albert ~ 14 novembre 1909 - 26 septembre 1971
C'est le "petit Bébert si mignon" dont parlait Roger dans ses lettres. Albert semble avoir eu une vie sentimentale un peu mouvementée. Je n'ai pas encore pu reconstituer tous les éléments de son parcours mais une page de ce site va lui être consacrée.
Laure ~ 15 septembre 1916 - 12 juillet 1933
Sa famille l'appelait "Lolotte". On la retrouve sur plusieurs photos dont une prise à Asnières avec notre père, son neveu (voir son album dans la médiathèque). Ce dernier semblait conserver un souvenir ému de sa tante. Notre grand-mère avait conservé le diplôme de certificat d'études de Laure. Cliquez sur ce lien pour le visualiser : 📁.
La vie n'a pas fait de cadeaux à "Lolotte". A 16 ans seulement, en février 1933, elle épouse Maurice BERTAUD. Elle semble heureuse sur les photos de mariage. Mais cinq mois plus tard elle est emportée par la maladie est décède à l'hôpital de La Rochelle.
Les certificats de communion des enfants
Notre grand-mère n'était pas une catholique pratiquante mais elle avait conservé les certificats de communion de la famille. En voici les copies retrouvées :
Dans cette première moitié du XXème siècle, en dehors du transport maritime, La Pallice s'est développée notamment autour de l'industrie chimique.
Travailler à l'époque pour ces usines n'est pas sans danger. Nous avons déjà vu plus haut que Jean LANSADE a été victime de deux accidents du travail, un en chargeant un navire de résidus de cendres et l'autre alors qu'il fait de la manutention pour la société l'Alsacienne à Vaugouin.
L' explosion de l'usine Vandier
Le 1er mai 1916, La Pallice est le théâtre d'un drame. La fabrique de produits chimiques Vandier et Despret explose.
Cinq usines voisines : l'usine Bertrand, Bedford Petroleum, Lille-Bonnières, la Compagnie du phospho-guano, la Compagnie du Sud-Ouest des produits chimiques ont été en grande partie détruites. L'explosion fait 177 morts ou disparus.
La vidéo ci-contre est un reportage réalisé par France 3 à l'occasion de la commémoration du centenaire de l'évènement.
Voici les liens pour accéder aux premiers articles du Courrier Rochelais qui relatent l'évènement :
Les conditions de travail sont dures. Camille FRÉMONT, une amie d'enfance de notre grand-mère Jeanne LANSADE qui a émigré en Argentine, lui écrit en 1924 depuis Buenos Aires : « Je garde un "bon" souvenir de Lille-Bonnières (usine chimique à La Pallice). Tu te rappelles que je travaillais à une cisaille et je t'ai dit bien souvent que j'avais mal au ventre. Et bien, je viens d'apprendre à la clinique que c'est une descente des intestins. Je souffre toujours un peu et je suis obligée de porter une ceinture spéciale pour la nuit. Le docteur m'a dit que j'avais dû faire un travail au dessus de mes forces... ».
Dans ses lettres, Roger LANSADE fait mention de certains de ses cousins à plusieurs reprises. Je n'en ai pas trouvé du côté de son père mais il en avait plusieurs du côté de sa mère. Afin de mieux nous repérer, j'ai extrait le tableau ci-dessous de l'arbre généalogique.
Célestin Vivier et Prudence Porte ont eu deux filles prénommées Marie Prudence, notre arrière-grand-mère (Marie Prudence Joséphine) et sa sœur ainée (Marie Prudence). Afin d'éviter les confusions, j'ai repris dans le tableau ci-dessus les prénoms utilisés dans les recensements, soit Prudence pour notre arrière-grand-mère et Marie pour sa sœur.