L'orthographe des noms de famille, sans parler de celle des prénoms, est un problème auquel j'ai souvent été confronté au cours de mes recherches dans les archives départementales.
Le 5 mars 2024, l'émission "Grand bien vous fasse !" sur France Inter abordait le thème des patronymes. Une des invitées, Marie-Odile Mergnac, généalogiste, en a profité pour rappeler l'origine des noms de famille. Voici un extrait de la discussion que vous pouvez retrouver dans le document sonore ci-dessous.
"La création des noms de famille date du XIIe siècle. Avant le Xe siècle, les noms de famille n'existent pas. Petit à petit, la variété des noms diminue et la population augmente. Afin de différencier les gens entre eux dont beaucoup portent le même nom, l'équivalent aujourd'hui du prénom, on donne un surnom qui suivra ce nom. Puis, petit à petit, ce surnom restera comme le principal nom de la famille et au XIIe XIIIe siècle, il devient héréditaire, sans pour autant qu'aucune loi ne le promulgue par ailleurs, et se transmet via le nom du chef de famille, bien souvent un homme. Bien souvent mais pas toujours. En Normandie par exemple, la femme veuve peut être cheffe de famille, et aux Pays Basques, c'est la maison qui donne son nom, bâtiment transmis à l'ainé.e, garçon ou fille. Ainsi, si c'est un gendre qui vient s'installer, il prendra le nom de sa femme. Autre exemple, dans le Berry, c'est le nom du plus riche qui l'emporte. Par ailleurs, on notait le nom de famille comme on l'entendait jusqu'à la fin du XIXe siècle. A tel point qu'à un généalogiste qui fait des recherches en Alsace, où les prononciations sont parfois compliquées, on demande de prononcer le nom à voix haute pour vous dire à l'oreille : ah oui, ce peut être mon arrière-grand-père. Il peut y avoir jusqu'à 6 ou 7 orthographes pour un seul nom dans un même acte, même si la personne sait lire, écrire et signe à la fin".
Dans la discussion, Marie-Odile Mergnac, dément également l'idée qui veut qu'un prénom était donné comme patronyme aux enfants abandonnés comme pour la famille JEAN dont est issue la grand-mère de notre père. Fausse idée largement répandue mais que reprenait notre mère quand nous abordions le sujet même si, apparemment certains généalogistes ont repris l'hypothèse (voir la page sur les cousins MASSÉ).
Ecouter l'extrait de l'émission "Grand bien vous fasse !" :
Si l'on se réfère au site Geneanet, voici l'origine des noms de famille de nos parents.
JUBIEN : Patronyme porté dans l'Ouest de la France (79, 85, 49). Il devrait s'agir d'un nom de personne d'origine latine, Jovianus, à l'origine des noms Jovien, Jouvien ou Juvien. Le nom peut avoir été confondu avec Jovinus, probablement à l'origine des noms Jouvin, Jovin, Jubin, Juvin. En Poitou, le nom a été popularisé par un ermite, fondateur d'une abbaye.
SOUVIGNON : Patronyme venant de Solvignon. Nom porté dans la Haute-Loire, identique à des formes telles que Sauvignon, Souvignon ou Salvignon. C'est un diminutif du nom de personne Souvin, également écrit Solvin, variante de Sauvin. À noter que le nom de famille est déjà mentionné en 1464 à Chaudeyrolles (Matheus Solvinhonis).
La fiche dédiée à Suzanne Lansade sur le site Geneanet de Jean Gubler mentionne qu' "elle fut blessée à la poitrine par un débris projeté lors de l'explosion d'un bateau dans le port de Brest et qu'elle décèdera quelque temps plus tard des suites de sa blessure, celle-ci ayant entraîné la formation d'un cancer".
L'explosion mentionnée est sans nul doute celle de l'Ocean Liberty.
L'Ocean Liberty, un cargo norvégien modèle liberty ship, a explosé dans le port de Brest le lundi 28 juillet 1947 en causant de très graves dégâts.
"Chargé de 3 133 tonnes de nitrate d'ammonium3, de paraffine, de pétrole en fûts, de pièces détachées de voiture et de diverses marchandises, l'Ocean Liberty prend feu pour se désintégrer en grande partie portant un panache de fumée à 1 500 m de hauteur. L'onde de choc, un petit raz-de-marée et des morceaux de métal incandescents projetés en l'air, parfois de plusieurs tonnes, vont ravager la ville et son port de commerce. Le rapport d'enquête de la Compagnie des bateaux à vapeur du Nord (CBVN) du 6 août 1947 fait état de 33 morts et 1 000 blessés graves. Les blessés légers sont au nombre de 4 000 environ. Le nombre de victimes est contesté, la presse locale faisant état d'un bilan légèrement revu à la baisse. La base ARIA des accidents maritimes rapporte vingt-six morts et plusieurs centaines de blessés." (Souce Wikipedia)
Suzanne est décédée chez elle, 4 de la rue du docteur Charcot à Brest, le mercredi 28 juillet 1948 soit un an jour pour jour après l'explosion de l'Ocean Liberty.
L'institut National de l'Audiovisuel a mis en ligne un reportage des actualités cinématographiques de l'époque sur les dégâts causés par l'explosion.
De son côté, la Cinémathèque de Bretagne a mis en ligne l'extrait d'un film amateur où l'on peut voir le brasier, les fumées qui s’échappent du bateau et les Brestois qui viennent constater les conséquences de l'explosion sur leur ville.
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C'est une chansonnette souvent poussée par notre père, Jean Jubien, quand il sortait de la salle de bain, les cheveux bien plaqués sur le crâne grâce à son petit flacon bleu de brillantine. Le thème est celui d'une "réclame" radiophonique ventant les mérites de la brillantine Roja.
Voici plusieurs placards publicitaires d'époque.
Cliquez ci-dessous pour réécouter cette air mémorable...
En 1954, au moment de la naissance d'Anne, notre père, Jean Jubien, était parti travailler à Uerdingen am Rhein, dans la région de Duisbourg et de Düsseldorf. Il travaillait, je crois, sur un programme de collaboration entre Brissonneau & Lotz, l'usine d'Aytrée où il exerçait son métier de dessinateur industriel, et la Wagonfabrik d'Uerdingen.
Il y a fait la connaissance d'un certain Siegfried qui, à son tour, a séjourné à La Rochelle. Je me rappelle de notre mère racontant que ce Siegfried s'était installé à la maison et qu'il s'y sentait tellement bien qu'ils ont eu le plus grand mal à s'en débarrasser.
Les photos du carrousel ci-contre sont celles du séjour de Jean à Uerdingen et de visites à Cologne. Elles étaient dans une enveloppe parmi les souvenirs du grenier de la rue Jourdan.
De son séjour outre-Rhin, il a ramené des disques 78 tours que je me souviens avoir écoutés plus tard sur le poste de radio-électrophone qui se trouvait dans la chambre de Catherine et Anne rue du doctuer Calmette. Sur ces disques, il y avait, entre autres, la chanson "Der Mann am Klavier" que Jean reprenait parfois au piano. Elle m'avait marqué car à cette époque je commençais à apprendre l'Allemand au collège. Les paroles étant simples, j'arrivais à en comprendre certaines parties.
Écoutez la chanson "Der Mann am Klavier" enregistrée en 1954 par Paul Kuhn :
Notre père aimait bien chanter ou siffloter à la maison. Notre mère reprenait certains airs (pas tous).
Le registre est assez éclectique mais ne devrait pas évoquer grand chose à leur petits enfants. Les temps et les goûts musicaux changent.
Notre grand-mère Valentine ne devait pas apprécier la chanson de Maurice Chevalier plus que cela.
Alors, pour celles et ceux qui souhaiteraient faire un petit bond acoustique dans le passé, voici quelques extraits.
Le voici ce poste de radio tourne disque que nous pouvions utiliser quand nous étions petits. A l'époque, la famille habitait rue du docteur Calmette et il prônait sur une commode dans la chambre de Catherine devenue celle d'Anne par la suite. Nos grandes sœurs s'en servaient pour écouter leurs disques des années 60 et 70 et nous, les petits, les disques pour enfants.
Je l'ai récupéré dans le grenier de la rue Jourdan après le décès de nos parents et l'ai transformé en enceinte bluetooth au look rétro. il est maintenant dans notre salon.
Pour les nostalgiques, voici une sélection des histoires et des airs que nous écoutions à l'époque ou que nos parents nous faisaient chanter pour ramener le calme lors des longs trajets en voiture.
Personnellement, je n'ai pratiquement pas connu mon grand-père Jubien. Je venais juste d'avoir 5 ans quand il est décédé. Mes grandes sœurs s'en souviennent mieux. Il leur achetait des bobines de films 8mm de vieux dessins animés de Walt Disney. Plus tard, il arrivait à notre père d'organiser des séances de cinéma dans le grenier de la maison de la rue Jourdan. Il sortait alors les vieux projecteurs de son père qu'il fallait relier au courant à l'aide de lourds transformateurs quand le réseau électrique est passé de 110 à 220 volts. A l'époque nous n'avions pas encore de télévision rue Calmette et les séances qui nous intéressaient plus particulièrement étaient celles où il projetait ces vieux dessins animés.
Je vous invite à regarder cet extrait d'un reportage sur Paizay-le-tort, berceau de la famille Lévêque, réalisé dans le cadre de l'émission "Itinéraire bis" de France-Télévision.
Vous y trouverez une explication fournie par le maire de l'époque sur l'origine du nom de Paizay porté par au moins 3 autres villages de la région (le-Chapt, le-Sec, Naudouin-Embourie) ainsi que l'interview d'un monsieur parlant un patois qui rappellera bien des souvenirs aux plus anciens d'entre nous.
Un passage intéressant est celui de la visite du moulin restauré. Louise Lévêque, née en 1801 à Paizay-le-Tort, a épousé Louis Aubouin, meunier et fils de meunier dans ce même village. C'est très probablement dans ce moulin qu'a vécu et travaillé cette partie de la famille.
Certains de nos ancêtres Lévêque ont également travaillé comme jardiniers ou domestiques au château de Melzéard que l'on aperçoit dans le reportage.