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Albert est le huitième des onze enfants de Jean et de Marie Prudence LANSADE. C'est notre grand-oncle du côté paternel.
Personnellement, je n'ai pas de souvenir de notre grand-mère évoquant son frère ni de notre père parlant de son oncle. Pourtant, comme pour Yvonne, c'est un des rares membres de la fratrie LANSADE qui fut un de nos contemporains. Né en 1909 à La Pallice, il est décédé en 1971 à l'âge de 61 ans. Quand nos parents évoquaient leur vie parisienne au tout début de leur mariage, ils n'en parlaient pas même si, apparemment, c'est lui qui les logeait dans le 15ème arrondissement.
J'ai cru comprendre qu'il reprochait son caractère dépensier à notre mère et qu'une brouille, une de plus, avait éloigné nos parents de cette partie de la famille.
Ce qui a attiré mon attention sur ce grand-oncle, c'est sa présence sur les photographies et les films 8mm de la période des fiançailles et du mariage de nos parents. Les commentaires de notre père sur les films 8mm repris dans sa cassette VHS sont plutôt bienveillants à son égard. J'ai donc commencé à rassembler les documents le concernant et il me faut avouer que je ne suis pas encore parvenu à reconstituer son parcours de façon satisfaisante car le nombre de questions sans réponse reste conséquent.
Cette page reprend les éléments de la vie d'Albert que j'ai pu reconstituer ainsi que ceux qu'il reste encore à éclaircir. Si vous disposez de réponses ou d'indices concernant les points ouverts, n'hésitez pas à me les communiquer pour que nous puissions compléter cette part de l'histoire familiale.
Albert est né un dimanche, le 14 novembre 1909, au domicile de ses parents, aux Sablons. Son père est âgé de 40 ans et sa mère en a 35.
Les premiers témoignages le concernant sont ceux de Roger son frère aîné de 15 ans plus âgé. Dans les lettres qu'il écrit à sa famille alors qu'il se bat sur le front belge en 1914-1915, Roger leur demande souvent d'embrasser "le petit Bébert, si mignon".
Son certificat de communion nous apprend qu'il a été baptisé le 26 mai 1910 à Laleu. Il a fait sa première communion solennelle 11 ans plus tard, jour pour jour, le 26 mai 1921 toujours à Laleu et a été confirmé trois jours auparavant, le 23 mai en l'église Notre-Dame de La Rochelle.
On le voit ci-contre dans son costume de communiant.
En 1929, Albert passe devant le conseil de révision de La Rochelle ouest mais le registre des matricules nous apprend peu de choses à part le fait qu'il mesure 1,64 m.
Apparemment il a fait l'objet de plusieurs décisions de report successifs de son service :
En 1930 ajournement du fait d'une adénite maxillaire en évolution,
En 1931 nouvel ajournement du fait d'une adénite cervicale (avis donné par le conseil de révision de la Seine)
En 1932 classement en "7ème partie de la liste" (exclu) du fait d'une adénite cervicale fistulisée et ostéite.
Pourtant, le 2 janvier 1940, le Conseil de Réforme de la Seine le déclare bon pour le service armé avec une mention "très bon état général". Le registre des matricules ne mentionne aucune affectation durant le conflit avant la capitulation du mois de juin.
D'après le registre des matricules il semble qu'Albert soit arrivé à Paris dès ses 21 ans en 1931.
En 1936, le recensement de la population nous confirme qu'Albert vit bien à Paris. Il exerce la profession de marchand forain et réside dans le 20ème arrondissement au n°3 square Jules Chéret avec une certaine Marie déclarée en tant qu'épouse. Il s'agit de Marie MANDART, une jeune parisienne de 3 ans son aînée. En fait, Albert et Marie ne sont pas encore officiellement mariés.
Marie, née en 1906 dans le 11ème arrondissement vient de divorcer de son premier mari, Édouard BAYLE, qu'elle avait épousé en octobre 1926. Le divorce a été prononcé en octobre 1935. Albert et Marie se disent oui officiellement devant l'adjoint au maire du 20ème arrondissement le 1er octobre 1938. Sur le certificat de mariage figurent les signatures de Robert MANDART (frère de Marie) et de Marie JEAUTAUD, mère de Marie et veuve de Joseph MANDART. Aucune signature du côté LANSADE ou JUBIEN alors que Jeanne, la sœur aînée d'Albert, résidait alors à Asnières.
Je ne sais pas si Marie et Albert ont officiellement divorcé. Il semble cependant que leur vie de couple n'ait pas survécu à l'occupation. En effet, le recensement de 1946 confirme qu'ils ne vivaient déjà plus ensemble depuis probablement plus d'un an. Marie est décédée à Angicourt, dans l'Oise, le 12 novembre 1954. Albert s'est remarié en 1963 mais l'extrait de l'acte de mariage fourni par la mairie de Paris ne précise pas s'il était veuf ou divorcé de sa précédente épouse.
Le recensement de la population de Paris en 1946 est le point de départ d'une série de questions dont les réponses doivent encore être confirmées. Voici un extrait de la liste des habitants du 59 de la rue des Morillons dans le 15ème arrondissement.
On y apprend qu'Albert, maintenant garçon d'hôtel, réside chez Jacqueline MULLER, mécanographe en tant qu'« ami ». Les deux autres personnes sont Louise, la mère de Jacqueline et Marie Françoise, la fille de Jacqueline. Cette liste, même brève, mérite quelques éclaircissements.
Le nom de jeune-fille de Louise LABADIE est Marie Louise BOURGADE.
Marie Louise est née en novembre 1895 (et non en 1900 comme indiqué dans la liste) à Bordeaux. Le 8 juillet 1916, elle épouse Jean Lucien LABADIE, tailleur de profession et, à l'époque, mobilisé au 7ème régiment d'infanterie coloniale.
Le nom de jeune-fille de Jacqueline MULLER est Jacqueline LABADIE.
Jacqueline est la fille de Marie Louise BOURGADE et de Jean LABADIE. Elle est bien née en 1921, le samedi 8 octobre exactement, à Issy-les-Moulineaux.
En avril 1941, elle épouse à Paris un certain Georges MULLER originaire d'Épinal dans les Vosges. Si l'on se réfère aux documents consultables sur l'arbre généalogique de sa petite-fille, il semble que le couple a été envoyé dans un camp de travail en Allemagne de septembre 1941 à 1942 pour Georges et de septembre 1941 à 1943-44 pour Jacqueline.
Georges MULLER, lui, a été déclaré mort le 4 juin 1943 à Fresnes. On sait que beaucoup de résistants ou d'opposants au régime ont été exécutés à la prison de Fresnes à cette époque. Est-ce que Georges MULLER en faisait partie ? Ce point reste encore à vérifier.
Marie Françoise LABADIE.
Marie Françoise est la fille de Jacqueline. Elle est née en 1945. Comme le mari de Jacqueline est décédé en juin 1943, ce ne peut être le père. Si elle porte le nom de jeune fille de sa mère, c'est que son père biologique ne l'a pas reconnue officiellement.
Ces trois personnes vont jouer un rôle déterminant dans la suite de la vie d'Albert.
Jacqueline est donc la fille de Marie Louise BOURGADE.
Ce sont les films tournés par notre grand-père JUBIEN qui m'ont permis de préciser sa relation avec Albert. Vous pourrez la reconnaitre dans trois séquences de la visionneuse où elle apparait (séquences 28-01, 39-05 et 39-06). Ces séquences ont été tournées à l'occasion du voyage de nos parents à Chamonix dans l'hôtel où travaillait Albert. Mais, le plus explicite, ce sont les commentaires laissés par notre père sur la cassette VHS qu'il nous avait fait parvenir. Voici les extraits les plus parlants de la partie relative au mariage de nos parents en avril 1947.
Selon notre père, Jacqueline était donc bien "la compagne" de son oncle Albert et la petite demoiselle d'honneur, Marie Françoise, sa fille (voir paragraphe ci-dessous).
Le couple Jacqueline - Albert n'a pas tenu très longtemps. En effet, à la lecture des mentions reportées sur l'acte de naissance de Jacqueline on apprend que, deux ans après le tournage de ces images, elle épouse Lénin FERRO à Massy (Seine et Oise). Jacqueline et Lénin auront quatre enfants (cf. arbre généalogique de sa petite fille). Le couple divorce en 1963 et Jacqueline se remarie à Paris en 1964 avec Pierre GODINEC duquel elle divorcera en 1974.
Elle est décédée le 27 mai 2015 à Brive-la-Gaillarde. Elle était âgée de 93 ans.
Marie Françoise est la fille de Jacqueline. Selon notre père, elle serait également celle d'Albert. Voici le passage de la cassette VHS dans lequel il mentionne cette filiation.
Je n'ai pas encore pu accéder à l'acte de naissance de Marie Françoise pour vérifier s'il portait une quelconque mention de reconnaissance en paternité.
Sur la page d'accès à la visionneuse des films 8mm, vous apercevrez Marie Françoise dans trois séquences :
Lors d'un séjour de la famille dans l'hôtel de Chamonix où travaillait Albert en 1946-1947 puis à sa cérémonie de baptême au moment de la sortie de l'église de Chamonix puis du repas au restaurant (séquences 16-04 et 28-01).
Lors de sa communion solennelle à Paris vers 1957 (séquence 28-02).
Marie Louise est la mère de Jacqueline. Elle est née le 30 novembre 1895 à Bordeaux. Elle a donc 50 ans au moment de la naissance de sa petite-fille Marie Françoise. Elle est couturière comme Jeanne, la sœur d'Albert et notre grand-mère. Le 24 janvier 1952 elle divorce de Jean LABADIE, le père de Jacqueline.
Onze ans plus tard, le 20 juillet 1963, elle épouse Albert à la mairie du 15ème arrondissement de Paris. Si Marie Françoise est bien la fille d'Albert, cela signifie que sa grand-mère devient également sa belle-mère.
Albert est décédé le dimanche 26 septembre 1971 à l'âge de 61 ans. D'après l'adresse mentionnée sur son certificat de décès, il serait mort à l'hôpital Necker dans le 15ème arrondissement de Paris. Il exerçait la profession de chauffeur et était toujours domicilié au 59 rue des Morillons.
Son épouse, Marie Louise BOURGADE, ne lui survivra que 36 jours. Elle décède le lundi 1er novembre 1971 à Argenteuil à l'âge de 75 ans.
Comme le confirme le registre des inhumations (extrait ci-dessous), les deux corps ont été inhumés à quelques jours d'intervalle au cimetière de Paris à Bagneux.
Je me suis rendu sur place pour voir la tombe et essayer de trouver une inscription me permettant de répondre à certaines questions. Malheureusement, la tombe n'existe plus. L'emplacement a dû être réutilisé. Pourtant, l'administration du cimetière m'a confirmé que Jacqueline LABADIE avait bien racheté la concession en 2001.